Milo, une des
révélations du Prix Gros Sel 2008
(Belgique) ou comment faire fructifier son talent.
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Par Dominique Lucas *
Milo, le premier roman publié par Frédérique Badoux, membre de la
paroisse de Namur (pieu de Bruxelles), s’est hissé à la très honorable
sixième place du Prix Gros Sel 2008,
un
événement qui compte dans le paysage littéraire de la Communauté
francophone de Belgique.
Née à Namur en
1969, sœur Badoux, après des études artistiques à l’Académie des Beaux-arts, a
suivi une formation en secrétariat, métier
qu’elle abhorre, mais qui, dit-elle,
lui permet aujourd’hui de taper
aussi vite qu’elle pense. Cette ex-enseignante,
artiste peintre et traductrice
occasionnelle, écrit des poèmes et des histoires qu’elle illustre et se délecte de piano et de
promenades champêtres.
C’est par amour pour son pays et son riche passé
historique qu’elle a écrit Milo, un
roman historique où elle revisite pour le ressusciter le patrimoine celtique
belge, bousculant au passage les vieux clichés. Par exemple, saviez-vous que,
contrairement à une idée reçue, les gaulois se souciaient beaucoup de l'hygiène : ils
connaissaient le savon, qu'ils utilisaient pour la lessive et la toilette, et
prenaient grand soin de leur dentition, et plus encore de leur barbe et de leur
chevelure ?
Frédérique fait siennes les paroles de Sainte-Beuve
: « Écrire ce roman, pour moi, ce n’était
qu’une manière indirecte d’aimer, et de
le dire. »
Pages Locales : Frédérique, comment vous
est venue l’idée d’écrire ce roman ?
Frédérique Badoux :
« Je couvais des rêves dans le domaine artistique depuis ma jeunesse sans
jamais oser me lancer, surtout par manque d'estime de moi. Nous avons tous des
freins à surmonter. Mais après avoir médité sur une déclaration d’Heber J.
Grant (1856 - 1945) - "Ce dont
l'homme a besoin, ce n'est pas de talents (ils les a déjà), c'est de buts ; ce
n'est pas la capacité de réussir qui lui manque, mais la volonté de travailler »
- et sur D&A 60:13 - "...
Tu n'enterreras pas ton talent pour qu'il
ne soit pas connu..." - je me
suis lancée, non sans avoir remis les choses entre les mains du Seigneur.
« Je voulais que ce projet contribue à mon autonomie, à mon épanouissement et au bien-être de ma famille. Je n’ai jamais rien écrit sans avoir prié pour recevoir l’inspiration. Des portes se sont ouvertes grâce à ce roman : on me commande des illustrations et des couvertures de livre, on me demande d’animer des ateliers d'écriture, et j’ai deux autres romans en cours d'écriture. J’ai appris que, lorsque le projet est entre les mains du Seigneur, il faut garder confiance, en dépit des doutes, de l'adversité et du manque de confiance en soi … et avancer. La foi n'est rien sans les œuvres; poursuivre le travail est essentiel.
P. L. Vous avez
consacré six années de travail acharné à
écrire ce roman. C’est très long. Pourquoi
une si longue gestation ?
F. B. L'écriture
ne posait pas de problème, mais les recherches, passionnantes au demeurant, ont
pris du temps - trois ans en fait - car mes moyens financiers étaient limités. Parcourir
les musées, assister aux conférences sur les Celtes, rencontrer des
archéologues, visiter les sites de fouilles, acheter et lire les ouvrages
contenant les dernières découvertes et déductions des professionnels
contemporains de l'Histoire, demande du temps et des ressources. J'ai vu
la main du Seigneur dans bien des démarches et des aboutissements, ce qui me
pousse à dire : je n'ai pas écrit seule ce roman !
P. L. Suivez-vous
une méthode particulière pour écrire ? Quels conseils donneriez-vous à ceux
qui voudraient se lancer ?
F. B. Je n'ai pas
de méthode particulière pour écrire. Étant une personne très émotive et
sensible, dotée d'une imagination sans borne, l'inspiration vient rapidement,
les phrases s'écoulent presque instinctivement. Cependant, comme je le
transmets à présent à mes élèves, j'ai dû apprendre les réflexes d'écriture et
de relecture. Je dois préciser que la musique est un atout essentiel dans mon
processus de création, car elle véhicule très bien les émotions.
P. L. Quels sont
vos projets ?
F. B. : a)
achever un roman en chantier, plus intimiste, biographique, qui se déroule
durant la dernière guerre en Belgique), b) collaborer à l’écriture d’un roman
autobiographique, c) poursuivre les recherches, à l’état d’ébauche, pour un
roman historique de l’époque mérovingienne), d) continuer les ateliers
d'écriture.
P.L. Un dernier
message ?
D. B. Il m'a fallu très longtemps pour surmonter mes peurs. Ce n'est que grâce aux clefs qu'apporte l'Évangile, à la prière, aux efforts pour développer ma foi, que j'ai pu (enfin !) trouver ma voie et commencer à réaliser mon potentiel. Si je devais donner un conseil, ce serait : relire et méditer avec l'Esprit la parabole des talents. Personne ne nous connaît aussi bien que notre Père Céleste, et nous n'aurons de compte à rendre qu'à Lui seul.